☀️ Conférence 75

Pastor

Conférence de Pastor - 75

Question

Les messages transmis par les différents guides spirituels ont des langages très divers, autant en expression qu'en profondeur des sujets abordés.

L'individualité ou le caractère des guides, si on peut utiliser ce terme, est-il marqué surtout par sa dernière incarnation ou l'ensemble de ses vies passées aussi ?

Les connaissances qu'ils transmettent dans les réponses sont-elles basées sur les vérités et les lois cosmiques qui leur sont accessibles ou sont-elles la synthèse de leur acquis personnel au long des incarnations successives ?

À partir de quel niveau initiatique une entité désincarnée peut-elle exercer la fonction de Guide Spirituel ?

Quels sont les rapports entre les Disciples, les Guides et les Maîtres ?

Réponse

Bonsoir, la question est fort longue et va permettre un énorme développement, bien que pratiquement chaque question posée contenait en elle-même la réponse.

L'Expérience & la Vérité

Il est vrai que lorsqu'un être se développe au fur et à mesure des incarnations, il tire des expériences, et chaque fois, son expérience, du moins à travers certains cycles, va lui faire contempler la Vérité, ou du moins les aspects de la Vérité d'une certaine manière.

Comme je l'ai déjà dit souvent, au fur et à mesure des cycles, au fur et à mesure des expériences et surtout des prises de conscience, ces aspects vont d'une forme de plus en plus religieuse, à une forme de moins en moins religieuse, c'est-à-dire que dans les premiers cycles, l'individu quitte complètement l'aspect universel, pour entrer de plus en plus dans des catégories, dans des religions, dans des dogmes, dans une instruction typique due à sa civilisation, à sa culture, due aussi à l'instant où la Vérité se répand de telle ou telle manière sur le monde.

Mais il est vrai aussi qu'au fur et à mesure qu'il arrive à acquérir ses expériences, l'individu se trouve au bout de l'expression de la Vérité par laquelle il a évolué.

C'est-à-dire que dans un premier temps, donc, il faut remplir ses valises. Il faut donc apprendre éventuellement à être moralisé, être dogmatisé par une vérité, par une science quelconque, pour faire un bout de chemin grâce à cette dogmatisation, à cette instruction. Mais là n'est pas le but et là n'est pas le summum du Chemin.

Ce qu'il faut, c'est aller toujours plus loin et pas simplement s'arrêter à une étape ou contempler l'acquis dû à une autre.

Donc, cycliquement, un homme doit désapprendre ce qu'il a appris et c'est ce que l'on appelle l'instant initiatique, où en fait ce qu'il sait n'est pas à renier, mais simplement à transformer pour voir la chose avec une dimension nouvelle et supérieure à l'ancienne, mais pas encore suffisamment grande pour équivaloir en fait à l'Archétype lui-même.

Tous les stades initiatiques en fait sont comme des maisons qui seraient des idées, qui seraient des prises de conscience. Et cette maison elle grandit au fur et à mesure de l'avancement de l'homme. Cela va de la maison la plus petite à la maison la plus grande, jusqu'à ce que l'homme arrive un jour enfin à rentrer dans la maison de Dieu et qu'il en ait fini de passer dans les maisons des hommes, dans les maisons des guides diverses qui existent et qui ne sont pas plus illuminés, en fait, que ceux qui viennent prendre conseil auprès d'eux.

Ce qui fait la différence toutefois c'est l'instruction, mais l'illumination n'est souvent pas ce qui crée la différence.

Donc il est normal qu'au fur et à mesure des développements, puisque cette substance qui est l'expérience dégage des aspects et crée donc, si je puis m'exprimer ainsi, un certain filtre, il est donc normal que lorsque vous rencontrez un guide d'un certain niveau, il ne puisse vous apporter ou révéler que ce qu'il comprend de la Vérité.

Pourquoi ? Et est-ce que cela représente une limite pour vous ?

Pourquoi s'il ne peut donner que ce qu'il capte de la Vérité ? Tout simplement parce que la pénétration dans les archétypes est une affaire personnelle.

Même si le guide, qui est l'instructeur de celui-ci, même si le guide dont il l'instruit est capable de vous donner le sommet de la Vérité en tant qu'archétype, l'individu ne va pas forcément comprendre ni être pénétré par cette Vérité.

Donc l'individu qui va en être instruit sera automatiquement instruit par rapport au niveau d'ouverture qu'il offre au Maître.

De la même façon, lorsqu'ensuite il va vous parler ou écrire pour vous ou faire quoi que ce soit d'autre, il va devoir considérer le niveau que vous vous représentez.

Ce qui fait qu'il y a des guides qui donnent un aspect de la Vérité dû à leur niveau initiatique, à cause de leur niveau initiatique, et qui en plus voilent une seconde fois la Vérité pour la positionner de façon juste vis-à-vis de votre propre ouverture.

Il n'y a donc pas qu'une seule vision de la chose. Il y a à chaque fois une multitude de visions qui vont venir se juxtaposer et s'interposer entre l'individu qui écoute et qui n'est jamais le même, l'individu qui voit et qui n'est jamais le même, et la Vérité qui est à regarder.

On pourrait penser que c'est un jeu malsain et que l'on pourrait déterminer les choses autrement, du moins que les Maîtres pourraient essayer de se bouger un peu pour faire en sorte que les choses soient autrement. Il n'en est rien.

Rien ne peut être fait autrement parce que, encore une fois, la pénétration des archétypes est une chose tout à fait personnelle.

n ne peut pas, du jour au lendemain, faire comprendre l'Ultime à une personne. On ne peut pas, du jour au lendemain, animer tous ses feux, animer sa Kundalini et faire en sorte que son chakra coronal devient extrêmement brillant et actif et conscient.

Il y a certaines lois occultes qui président au déroulement des feux, au déroulement de la conscience. Et lorsqu'un homme veut en accélérer le processus ou lorsqu'un Maître, pour aider son disciple, veut accélérer ce processus, dans les deux cas l'individu, qui est l'objet de l'accélération, l'individu se trouve en danger.

Si il accélère lui-même le processus, il se trouve en danger sans aucune protection. Si par contre, c'est le Maître qui accélère le processus, le disciple est en danger mais, en même temps, il est veillé, il est surveillé. Et l'on va essayer d'amortir le plus possible les chocs en retour ou les éventuels dégâts qui pourraient avoir lieu jusque dans le corps physique.

La lente remontée qui va de l'involution du point le plus bas de l'involution au point de restitution de l'évolution, la longue remontée ne se fait pas à coup de baguette magique ou à coup de Bonté Divine ou de la bonté des Maîtres.

Ce n'est pas non plus que le Chemin, la Lumière se mérite comme si c'était quelque chose que l'homme devait gagner en montrant son mérite. Non !

Étant donné que tout est vibration, que tout est feu, que tout est pouvoir, il faut qu'à chaque degré l'homme ait le temps de s'adapter. D'adapter sa matière à la réception d'un nouveau degré du feu, d'adapter aussi tous ses chakras à la réception d'une nouvelle vibration et d'adapter ses idées aux nouveaux concepts qui vivent et qui émettent ces nouvelles vibrations.

La mutation se fait donc sur plusieurs plans à la fois : la matière, les chakras et les idées, donc quelque part le Mental.

Et lorsque ces trois plans arrivent, petit à petit, à monter ensemble, à s'adapter ensemble au plan que l'individu doit acquérir, alors là, la personne va pouvoir déboucher sur ce que l'on appelle un plan de conscience.

S'il ne fait monter que sa Matière, comme par exemple font les hatha-yogis en purifiant leurs cellules, il ne va pas forcément découvrir l'état de conscience correspondant.
Si l'individu active uniquement ses chakras par visualisation, par certaines respirations, il ne va pas non plus forcément avoir l'état de conscience qui va avec.
Et, par contre, si un homme se centre uniquement sur l'exercice du développement de la conscience, en négligeant complètement l'état de la Matière et un certain travail conscient et dirigé sur les chakras, il n'arrivera pas à pénétrer suffisamment le plan de conscience qu'il atteint de temps en temps et surtout il n'arrivera pas à y rester.

Pour qu'un disciple soit entier et fondamentalement authentique, il faut donc qu'il apprenne à développer ces trois aspects de lui-même en même temps, de façon à ce que, comme une flèche parfaitement droite, parfaitement affûtée, au moment de la méditation, il puisse parfaitement monter vers sa Monade, vers l'Archétype.

À moins que ces trois plans-là ne soient alignés, il aura beau forcer la méditation, il aura beau essayer de méditer, essayer de comprendre, essayer d'aller vers Dieu, il n'y arrivera pas.

C'est pourquoi dans les phases de méditation il y a toujours généralement une phase où l'homme aligne sa matière par la respiration, par une pensée propre, par certaines ablutions, comme l'on retrouve aussi dans de nombreuses religions, un moment où il pacifie ses chakras, en commençant certaines visualisations, en visualisant l'énergie ou en dirigeant l'énergie, et ensuite une troisième phase où il se laisse complètement aller dans l'état de conscience.

Bâtie grâce à ces trois parties, la méditation à ce moment-là est un fruit véritable, qui, même s'il ne peut pas être dégusté tout de suite, à long terme, ce fruit avouera son goût et donnera tout ce qu'il recèle dans sa chair.

Donc il faut être patient, faire les exercices, tel qu'il est bon que les exercices soient faits et être patient, être confiant, avoir donc quelque part une foi de disciple qui vous permette de tenir la barre et d'y aller quand même au but, même si vous ne voyez pas tout de suite les effets.

Les Guides

Quant aux Guides dont nous parlons et dont on essaie de faire allusion dans la question, les Guides donc qui ne transmettent que la part de Vérité qu'ils sont capables de donner, parce que telle est leur expérience de la Vérité, il ne faut pas croire que du fait qu'ils ne puissent donner que leur part de Vérité, ce soit une Vérité que vous devez bouder parce qu'elle n'est pas entière.

Pour la plupart des gens qui vivent sur la Terre, pouvoir comprendre ne serait-ce qu'un paragraphe de la Vérité que prononce un Maître - c'est-à-dire un être qui est sur la 5e initiation majeure - pour un individu donc, comprendre un seul paragraphe que va donner, que va dicter un tel être, cela représente déjà un énorme avancement.

Il ne faut donc pas bouder les vérités qui vous sont données, même si vous savez d'avance qu'elles sont partielles, car, pour vous, elles représentent déjà un but.

Il faut donc se mettre au travail et attendre d'avoir atteint un état égal à celui qui parle, pour pouvoir lui dire : "Écoute bon maintenant que je suis arrivé à ton niveau, je ne suis que ton frère, tu n'es que mon frère et on va aller voir ensemble ce qui se cache plus loin."

Pour expliquer cela, il faut comprendre aussi qu'il existe toute une diversité de guides et que l'on appelle trop vite guide, quelqu'un qui parle simplement parce qu'il est invité à parler.

Tout le monde a droit à la parole, de l'autre côté aussi bien qu'ici sur la Terre.

Ici sur la Terre vous pouvez remarquer que tout le monde peut dire ce qu'il pense, que tout le monde peut créer des sectes, des religions, des mouvements, des ordres politiques, des organismes quelconques. Tout le monde a le droit. Et cette même liberté se retrouve de l'autre côté, dans le plan que vous appelez l'invisible, l'au-delà.

De la même façon les guides qui ont encore un certain attachement à la Terre ou à un groupe d'âmes, et qui ont la facilité de pouvoir venir parler et qu'ils en trouvent l'occasion par certains canaux, soit en agissant par l'inspiration, soit en agissant par la médiumité, tous ces guides donc de tous les niveaux peuvent venir parler.

Ce qui ne veut pas dire que par ce qu'ils parlent, vous devez absolument écouter et croire ce qui est dit.

Donc si tout le monde a la parole, il faut que vous, vous sélectionnez votre façon de croire, ou votre emportement à croire, ou le crédit que vous allez apporter à la parole de l'autre.

Et pour sélectionner, pour savoir jusqu'à quel point cette vérité vous convient ou pour savoir si là il y a une erreur ou si là il y a quelque chose qui ne va pas, il faut alors que vous en reveniez à l'institution que représente, malheureusement, le dogme et les sociétés initiatiques. Mais c'est à vous de vivre cette institution autrement que comme un dogme.

Quand vous ouvrez un livre, vous lisez un livre, vous ne vous sentez pas obligé d'adhérer à la chose, d'adhérer à la pensée même de l'auteur et d'adhérer encore moins à son mouvement, vous êtes libre face à ce livre et vous pouvez avoir toutes les réactions qui vous plaisent. Quand vous êtes face à une idée, même si elle est spirituelle, vous avez exactement la même liberté.

Ce n'est pas parce que vous sentez ou vous vous dites que vous ne pouvez pas juger, que vous ne savez pas après tout si cela est vrai ou pas, ce n'est pas parce que vous sentez en vous cette faiblesse, cette apparente incapacité, que vous devez vous soumettre à une idée.

Comme le font d'ailleurs généralement des individus qui n'arrivent pas à exprimer une véritable position politique et une volonté politique. Alors petit à petit, ils se laissent influencer par un groupe d'amis ou par le discours du politicien, qui sait toujours être convaincant, ou tout simplement par l'effet de masse que représente une majorité de votants. Et ainsi, même si en fait fondamentalement il n'est pas d'accord avec le politicien, il va se trouver, malgré lui, en train de voter pour le politicien. Et une fois qu'il aura voté, il va se dire : "Mais pourquoi est-ce que j'ai voté pour lui ? Mais que je suis bête ! Maintenant que je l'entends parler, je me rends compte que j'ai fait une erreur !"

Le moment où l'individu constate cette erreur n'est pas important en fait. Ce qui est très intéressant, c'est de savoir ce qui l'a amené à voter pour le politicien malgré un état latent de refus qui était en lui-même. Quels sont les déclenchements, les circonstances qui l'ont amené à ce geste, malgré lui ? Et c'est là-dessus qu'il faut travailler, c'est là-dessus qu'il faut que l'individu travaille, plus en fait qu'à toutes les méditations qu'il pourrait s'efforcer de faire.

Il faut qu'il travaille à devenir profondément individuel et indépendant - comme je le dis si souvent - authentiquement, une unité de vie qui s'exprime d'elle-même, qui vibre d'elle-même, qui connaît et qui prend en main son propre champ d'expériences et qui assimile ses propres expériences.

Quelqu'un qui vit un peu trop par automatisme, un peu trop dans l'inconscient donc, ne va même pas pouvoir tirer fruit de ses expériences. Et c'est pour cela qu'il faut autant et autant d'incarnations. Parce qu'avant que l'individu puisse rendre compte qu'il est en état d'expérience, il lui faut expérimenter énormément. Il lui faut être abattu énormément, être rompu, être humilié, pour que quelque part en lui une réaction ait lieu. Et c'est cette réaction qui va signer le début de l'individualité.

Forcément au début, face à ce pouvoir de l'individualité et à cette volonté d'être individuel, l'individu va à réagir de manière abusive.

Et c'est comme cela que, par cycle, par âge, l'on voit des individus créer soit des ordres initiatiques, soit des ordres religieux ou des ordres politiques ou quoi que ce soit d'autre, et être affreusement indépendants. Si bien qu'ils partent même en guerre contre les autres pour affirmer leur point de vue, disant que seul leur point de vue est valable.

Lorsque vous voyez quelqu'un réagir de cette façon-là, il ne faut pas que vous pensiez que l'individu est fou, ou simplement que vous régliez son compte en pensant que c'est un fanatique de telle ou telle chose. C'est sûr, ce qui s'exprime à travers lui à ce moment-là, c'est une forme de fanatisme, mais ce qui est intéressant de connaître, c'est pourquoi ce fanatisme existe et comment il peut avoir lieu. Parce qu'ensuite, deux minutes plus tard, lorsque vous allez parler d'un autre sujet avec cet individu, vous allez vous apercevoir qu'il dispose d'une intelligence que vous qualifiez de tout à fait normale. Donc, son comportement fanatique à côté de cela n'est pas compréhensible.

Comment est-ce qu'il devient compréhensible ?

Tout simplement si l'on admet qu'en fait l'individu que vous avez en face de vous et qui réagit comme cela est en fait un enfant qui commence à peine à devenir un adulte de façon cosmique. Même si l'individu a 40 ou 50 ou 60 ans, sachez bien qu'il commence à peine sur le plan de l'âme à devenir adulte.

Devenir Adulte sur le plan de l'Âme

Et de la même manière qu'un enfant lorsqu'il a 15-16 ans affirme sa volonté de façon impolie vis-à-vis de la société, des institutions, de son père, de sa mère, eh bien de la même façon, face aux hommes, face à la famille, face à la cellule du travail ou quoi que ce soit d'autre, ces individus vont s'affirmer de manière abusive, vont faire prévaloir leur croyance.

Mais si vous êtes intelligents, vous allez vous apercevoir que de la façon dont ils font prévaloir leur croyance signifie tout simplement une faiblesse dans leur foi. Comme si en fait ils devaient essayer de convaincre davantage les autres pour avoir eux-mêmes encore le feu et l'argument de croire toujours à leur croyance. Et c'est là-dessus, sur ce type de fonctionnement, que se basent toutes les religions dans leurs premières heures.

Ensuite les choses changent parce que viennent d'autres personnes qui ont la Véritable Foi et qui croient une chose, non pas parce qu'ils essayent de s'en convaincre et d'en convaincre les autres, pour ne pas mourir, pour survivre, mais tout simplement parce que, pour l'avoir contemplée, ils savent que la chose est vraie. À ce moment-là, pour eux, les hommes peuvent croire ou ne pas croire, cela n'a aucune importance. Ce qui est important pour eux, c'est d'amener, d'une quelconque manière, les hommes vers ce même point de Vérité et de Libération. Et pour cela, avec science et avec intelligence, il va trouver tous les moyens, tous les détours, tous les degrés d'expression pour amener l'esprit de l'homme à contempler cette Vérité.

Lorsque l'individu ne maîtrise pas la matière dont il parle parce qu'il n'en a pas fait l'expérience profonde, il ne saura pas mettre la matière à la portée des hommes, à votre portée. Par contre, lorsque l'individu maîtrise sa matière parce qu'il en a été profondément instruit et parce qu'il en a une expérience personnelle, il saura toujours, quitte à n'en révéler que la moitié ou qu'un dixième, il saura toujours mettre à votre portée ce qu'il sait.

Parce que l'important pour lui cela ne va pas être de parler de ce qu'il sait, comme pour montrer tout ce qu'il sait ou pour montrer tout ce qui existe à propos de Dieu et des anges et des énergies, l'important pour lui, cela va être de vous contempler au niveau où vous êtes, de remarquer ce qui vous manque, ce qui vous bloque et ce qui va vous permettre de sortir de là. C'est cela qui est important.

Ce n'est pas en fait de savoir qui est Dieu, comment il se nourrit, comment il vole dans le Cosmos ou comment il a créé les formes et les hommes et comment tout cela se maintient. C'est une partie qu'il faut connaître, c'est certain, et il faut connaître cela pour avoir du discernement. Mais il ne faut pas compter sur cela pour obtenir des états de conscience. Par contre, indirectement, la chose peut vous amener à un état de conscience. Pourquoi ?

Parce que si vous êtes un individu capable de discernement, vous allez toujours pouvoir choisir la voie qui vous concerne, sans vous égarer à droite ou à gauche dans des idées néfastes, ou dans des mouvements qui ne vous conviennent pas, ou dans des méditations qui en fait ne sont pas pour vous. Ce qui fait qu'indirectement, la connaissance va vous amener à un certain moment de l'étape spirituelle. Mais ensuite, il faut inévitablement regarder où sont vos blocages.

Il ne sert donc à rien, à ce moment-là, de s'armer de toute la connaissance que l'on peut posséder, mais il faut savoir authentiquement contempler la somme des ténèbres que l'on contient encore. Et la Lumière qui vous est donnée, elle est faite pour cela, pour que vous puissiez vous rendre compte de ce qui ne va pas en vous.

!!!! La Lumière qui vous est donnée est faite pour pour que vous puissiez vous rendre compte de ce qui ne va pas en vous.

La Lumière qui vous est apportée par la prière, par la méditation, par la parole des sages, par la parole des saints. Cette Lumière qui vous est apportée ne vous est pas apportée pour que vous allumiez une fois de plus une bougie dans votre être intérieur. Là il y a la bougie de la connaissance à propos de la méditation, là il y a la bougie de la connaissance à propos des énergies, là la bougie de la connaissance à propos d'autres choses, des logos, et encore et j'en passe ! Et voilà qu'on rajoute une nouvelle bougie et parce que l'on a comme cela allumé toutes les bougies de ces substances, on croit être allumé soi-même comme un grand feu divin. Mais il n'en est rien. Ce sont tout simplement des bougies qui brûlent pour vous, qui vous éclairent d'une certaine façon, c'est certain, qui vous octroient même une certaine brillance dans l'aura, mais ce n'est pas le Feu Divin.

Le Feu Divin

Pour que ce Feu Divin ait lieu en vous, il faut que vous preniez toutes ces bougies, que vous allumez une à une aux cierges des différentes sciences, aux cierges des méditations, des prières et de tout ce qui existe et que vous rencontrez. Il faut que vous preniez ces bougies et que vous alliez partout en vous-même, dans votre cave, dans votre ventre, dans votre cœur, dans le fond de votre cerveau, dans votre grenier, que vous regardiez ce qui ne va pas.

"Tiens-là, il y a une gouttière qui perd de l'eau et qui infiltre dans toute la maison et qui descend jusqu'à la cave et qui crée un marais nauséabond dans la cave ! Tiens-là, il y a une fissure ! Tiens-là, il y a des araignées et là, il y a de la rouille !"

Je vais me servir de ces flammes pour réparer ce que je vois.

Beaucoup d'hommes marchent sur le Chemin et, en fait, ils sont comme une maison dont la cave est inondée, dont les escaliers sont complètement ravinés, dont le grenier ne connaît même plus de couverture. Et ils pensent accueillir dans cette maison-là, avec un grand cœur rêveur, ils pensent accueillir tous les enfants de Dieu pour les héberger, pour les réchauffer, pour être un abri pour eux.
Il n'est même pas un abri pour lui-même !

Il faut qu'il commence donc à remettre les tuiles sur son toit. Et qu'est-ce que c'est que les tuiles sur le toit ?

Eh bien, c'est le discernement, la connaissance juste à propos de toutes choses.

Et ainsi, lorsque toutes les tuiles sont placées, toutes les pétales du chakra coronal peuvent alors se mettre à vibrer et à recevoir la Science, la Sagesse, l'intuition, l'inspiration. Mais il faut être couvreur.

Pour aller vers Dieu, il faut savoir faire tous les métiers.

Il faut savoir être couvreur et puis il faut savoir être charpentier, pour construire la maison, lui faire une belle charpente qui va bien tenir les murs, les cloisons et le toit et bien enraciner la cave. Et puis il faut être menuisier pour bien faire les coins, bien faire les portes, bien faire les fenêtres. Et puis il faut s'y connaître en sanitaire, eh oui ! Parce qu'il va falloir éliminer. Éliminer tout ce que l'on doit jeter ; les vieilles connaissances qui ne servent plus à rien, que l'on doit voir différemment ; les fantômes qui viennent depuis le subconscient, parce que ce sont des fantômes que l'on a créés dans d'autres vies ; des traumatismes qui viennent donc des autres incarnations. Et il faut être un jardinier parce qu'à cette maison, il va falloir créer un jardin, il va falloir planter des fleurs et surtout des arbres fruitiers.

Parce qu'avoir une belle maison pour accueillir les amis, être un beau temple pour accueillir les hommes qui cherchent est une bonne chose. Mais abriter ne suffit pas, il va falloir nourrir. Donc autour de cette maison que vous êtes, de ce disciple que vous êtes et que vous devez devenir, il va falloir planter énormément d'arbres et des arbres fruitiers.

Lorsque la maison est bien bâtie, lorsqu'elle est bien consolidée, lorsqu'elle est bien nettoyée, qu'elle resplendit, tous les arbres fruitiers poussent d'eux-mêmes à l'entour et ils portent des fruits toute l'année, dans toutes les circonstances.

Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige ! Il neige, c'est sûr ! Il pleut, c'est sûr ! Il y a du vent c'est sûr ! Sur le territoire de la vie des hommes, partout il y a la tourmente ! Mais pour la maison qui est bien bâtie, pour les arbres qui sont bien plantés, la tourmente n'existe pas. La tourmente s'abat mais elle ne fait rien, ne provoque rien sur eux.

Et c'est à ce moment-là que la maison, que les arbres fruitiers prennent tout leur sens. Car les hommes qui sont trempés, les hommes qui sont décharnés, les hommes qui sont enrhumés, qui sont affaiblis par la tourmente, eux vont apercevoir la lumière et ils vont entrer dans la maison et ils vont aller manger le fruit des arbres.

Il y a donc un instant où le disciple se bâtit, où il plante et où il attend.

L'Attente

Il attend que les enfants de Dieu viennent vers lui.

Et c'est ce moment-là qui est peut-être le plus difficile pour un disciple à supporter. C'est l'attente.

Il croit, pendant cet espace, il croit qu'il n'est pas utile, il croit qu'il n'a pas de fonction, que Dieu ne veut pas l'utiliser, que les Maîtres ne le trouvent pas suffisamment bons ou performants, ou bien que les hommes décidément sont trop bêtes, trop profanes, parce qu'ils ne le remarquent même pas et qu'il n'y a guère plus que les belettes des forêts qui viennent près de son seuil.

Alors il se désespère et il se dit : "Mais, j'ai bâti une belle maison ; je suis un beau disciple, je le sais ; j'ai fait un beau jardin, j'ai du fruit à donner, je le sais ; et rien n'arrive ! Pourquoi est-ce que Dieu ne m'utilise pas ? Pourquoi est-ce que les Maîtres ne me donnent pas une mission, un devoir, une nourriture à apporter ?"

Ce qu'il faut savoir, c'est que dans ces moments-là, ce n'est pas que Dieu vous tient loin du monde parce que vous n'êtes pas quelqu'un de performant, ce n'est pas non plus que les hommes ne vous remarquent pas parce qu'ils sont trop profanes, c'est tout simplement que tout se passe par cycles et par vagues.

Cycles & Vagues

Il y a toujours, de façon cosmique, comme de façon sociale et de façon individuelle, des vagues. Un moment donc où la vague se retire, un moment où la vague se donne à tout ce qui est devant elle. De la même façon, la mer, l'océan, sont articulés.

Pour l'Esprit, qui est l'océan ou une forme d'océan cosmique, c'est la même chose.

Il y a donc un instant où la vague de l'Esprit de Dieu se retire et un instant où la vague de l'Esprit de Dieu va vers les hommes, vers les plages des hommes. Et le disciple, puisqu'il est tout entier versé dans cet océan du Mental de Dieu, de l'Esprit de Dieu, eh bien, puisqu'il est une goutte de la vague de l'Esprit de Dieu, il subit exactement le même flux et le même reflux.

Il y a donc des moments où Dieu va le retirer du monde et des moments où Dieu va l'envoyer dans le monde, parce que c'est le moment où, par là-même, la vague d'ouverture des hommes que le disciple va rencontrer, c'est l'instant où cette vague elle-même, elle aussi, vient à la rencontre, où donc elle est extériorisée.

Comme je l'ai dit si souvent, l'Humanité est en fait une entité, un Être Planétaire qui est à naître. Vous tous qui vous considérez comme des individus, et vous avez raison car vous êtes aussi profondément individuel, vous composez cependant un seul et même être qu'est l'entité planétaire qui est à naître.

Ce qui fait que de la même façon que l'Esprit de Dieu, l'Esprit de la Hiérarchie a ce mouvement de flux et de reflux, l'Entité que vous composez connaît aussi ce même mouvement.

Et il y a donc un mouvement où, comme les deux branches d'un balancier, l'Entité qui est à instruire et l'Entité qui instruit se retrouve fortement éloignées l'une de l'autre, et il y a un autre moment où les deux Entités se retrouvent fortement rapprochées l'une de l'autre, jusqu'à ce qu'il y ait osmose. Et plus l'évolution a lieu au niveau planétaire, et plus la distance qui les sépare au moment où les vagues se retirent, plus cette distance-là s'amoindrit. C'est-à-dire, qu'en fait, de moins en moins il y aura de séparations entre l'Entité Planétaire, entre vous, à l'état individuel, et l'Esprit de Dieu, le Dieu Cosmique.

À l'origine, lorsque l'on essaye d'imaginer les débuts de l'humanité et ces cycles de flux et de reflux, eh bien l'on constate que les moments d'étirement des vagues étaient très longs et qu'il fallait encore autant de temps pour, peu à peu, refaire une alliance, et que le moment où les deux vagues se rencontraient pour créer une communion, ce moment-là était lui-même très court. Parce qu'il avait fallu tellement de temps pour revenir que finalement, lorsque le pendule revient au point zéro, il n'arrive plus à bouger, il n'arrive plus à vibrer, il n'a plus d'énergie. Mais avec l'impulsion de Dieu, l'impulsion des Maîtres, l'impulsion des Guides, les pendules repartent et puis ils reviennent.

Chaque fois qu'ils ont appris quelque chose dans cette communion que représente le centre, ils vont s'éloigner moins l'un de l'autre. Jusqu'à ce que finalement un jour - je vous assure, cela arrivera, cela peut arriver - jusqu'à ce que, finalement un jour, les deux aspects se confondent et restent éternellement l'un avec l'autre.

Ceci, je l'explique de façon planétaire, et cela arrivera de façon planétaire en des âges futurs, mais ceci peut vous arriver à tout moment si vous le désirez, si vous le voulez, si vous travaillez pour cela, ceci peut donc vous arriver à l'état individuel. C'est-à-dire que vous n'avez pas besoin d'attendre que l'humanité dans son entier soit illuminée, pour que vous vous connaissiez un jour l'illumination.

Il est certain que pour les gens qui vivent en automatisme avec énormément d'inconscient, ceux qui vivent ce que vivent tous les autres, comme un peuple de fourmis ou comme un peuple d'abeilles, ceux-là ne pourront être illuminés qu'à la longue, comme par phénomène d'usure. Lorsque donc l'usure, les expériences à force de revenir auront cassé toutes les résistances pour qu'ils puissent se découvrir divins.

Ces individus-là, forcément, seront illuminés qu'au jour où toute l'humanité, en fait, sera illuminée aussi, parce que ce sera un phénomène de masse et qu'ils y seront arrivés petit à petit comme pendant une guerre d'usure.

Cependant, si l'on croit que c'est le sort qui est réservé à tous, ce n'est pas connaître la grande Loi de la Liberté et du Pouvoir Humain, de son pouvoir d'individualité et de son pouvoir constructif. C'est ignorer qu'en fait en lui il existe la part divine en héritage, qu'il existe exactement le même Dieu qui se trouve au Ciel et que ce Dieu, donc, qui est descendu dans la matière n'a pas besoin d'attendre que les autres écorces endormies prennent conscience de cela.

Ce Dieu a le droit, avant tous les autres, de retrouver sa propre dimension. Et en retrouvant avant tous les autres sa propre dimension, il va pouvoir être ainsi un exemple, un témoignage, un point d'alchimie, qui va permettre à tous les autres individus de pouvoir arriver aussi à la Libération.

La Libération

Il y a deux voies pour avancer vers Dieu ou vers la Libération. C'est un mot que je préfère car en fait on n'avance pas vers Dieu. Vous êtes Dieu déjà. Simplement vous apprenez à vous libérer de ce que vous n'êtes pas pour vous rendre compte de plus en plus de ce que vous êtes.

Donc tout est libération.

Il ne s'agit pas d'évolution, il ne s'agit pas de devenir quelque chose, il s'agit de se débarrasser de ce que l'on n'est pas, pour enfin être ce que l'on est et l'être de façon brillante et absolument consciente et totalement puissante.

Pour aller donc vers la Libération il y a deux voies.

Une voie rapide et une voie lente, très longue, qui est bonne aussi c'est certain.

Si vous êtes de ceux qui vont gentiment sur le chemin c'est très bien, nous n'y voyons aucun inconvénient et nous ne formulons aucune critique. Certes pas. C'est votre droit absolu, c'est votre histoire.

Seulement lorsque quelque part en vous il y a un tiraillement, et que des déséquilibres ont lieu et que vous sentez la nécessité de prendre conscience de quelque chose, de faire quelque chose. Alors il faut quitter la voie lente, parce qu'elle n'est plus pour vous. Parce que votre âme vous impose une accélération, vous demande, vous supplie d'essayer de faire quelque chose pour la Libération. Et à ce moment-là il faut prendre la voie rapide.

La voie lente c'est ceux qui agissent par phénomène d'usure. C'est ceux qui se développent parce que comme un caillou qui est roulé dans le torrent, dans la rivière puis après dans la mer, et bien ce caillou-là qui est parti complètement en forme, agressif, cornu, du haut de la montagne, finit par arriver au pied du Maître un jour sur la plage, tout poli, parfaitement lisse, bien proportionné.

Si au contraire vous voulez construire votre chemin, construire votre divinité, rencontrer votre divinité, participer à ce voyage et à cette histoire, alors vous pouvez être vous-même, votre propre torrent, votre propre rivière, votre propre océan, qui va justement polir, polir, le diamant spirituel qui est en vous.

Et comment peut-on s'y prendre pour être son propre torrent et sa propre rivière ?

C'est simple.

Il faut pour cela vivre un paradoxe apparent, c'est-à-dire que dans un premier temps il va vous sembler devoir appartenir à une idéologie, à une science, obéir à un maître, à une technique, appliquer ces techniques, les prières, les méditations. Donc dans un premier temps il va vous sembler que vous devez vous soumettre à quelque chose, à un fonctionnement incontournable.

Soumission

Cependant si vous faites toutes ces choses, qui sont absolument nécessaires, car on ne peut pas avancer sur le chemin sans passer par certaines étapes qui sont complètement techniques. Si elles sont techniques, cette technique vous ne la connaissez pas forcément puisque vous êtes dans un état d'attente et un état d'ignorance. Donc il faut aller auprès de celui qui connaît la technique, qui connaît ce qu'il faut faire et il faut apparemment vous soumettre à sa parole, vous soumettre à ce qu'il vous dit.

L'enfant qui est débutant dans le chemin va croire que cette soumission existe et qu'il faut obéir, qu'il faut croire, qu'il faut faire, qu'il doit des comptes, qu'il appartient à tel groupe, qu'il appartient à telle institution, qu'il n'a pas le droit d'aller voir ailleurs, qu'il est l'homme ou qu'il est la femme d'une seule croyance et pas d'une autre.

L'enfant qui, donc, commence sur le chemin va croire tout cela.

Cependant au fur et à mesure de ses erreurs et de ses lassitudes éprouvées à la suite des erreurs, il va devenir disciple. Et que va lui faire comprendre sa conscience de disciple ?

Conscience de Disciple

Sa conscience de disciple va lui faire comprendre qu'en fait il y a un jeu de soumission qui est apparent mais qui n'est pas une véritable soumission. C'est tout simplement un moment d'apprentissage où l'homme va chercher auprès de celui qui sait ce qu'il ne sait pas, pour pouvoir devenir à son tour celui qui sait.

Mais pour sortir de cette dépendance et de ce cliché erroné, il va falloir plusieurs incarnations pour certains. Si cependant l'instruction qui est donnée est juste, dépouillée, si donc l'instructeur qui parle - et comme il ne parlera qu'à son niveau - si l'instructeur qui parle est suffisamment lui-même dépouillé et Universel, pour faire prévaloir cette liberté, pour vous inspirer ce type de soumission et de libération qui cohabite, automatiquement vous allez, comme un enfant qui joue, manipuler les deux aspects du paradoxe et découvrir véritablement la Libération.

Si au contraire vous avez en face de vous un homme, qui connaît quelque chose à la méditation, qui connaît quelque chose à l'instruction ésotérique, mais qui cependant n'a pas véritablement l'Esprit ouvert, qui n'a donc pas un niveau de conscience, mais qui vous impressionne quand même par ses connaissances, parce que vous êtes dans un état d'ignorance, à ce moment-là vous allez être soumis véritablement. Et c'est ce qui se passe à l'heure actuelle, c'est ce qui s'est passé d'ailleurs à travers tous les âges et c'est ce qui se passera encore.

Mais c'est à vous de faire la différence, c'est à vous de prendre ce qu'il vous faut pendant un certain temps ou s'il ne vous faut rien près de cet individu-là, il vous faut claquer la porte et lui signifier que vous n'êtes pas d'accord, parce qu'il manque d'Universalité et que donc l'œuf qu'il vous transmet est un œuf qui ne contient pas de germe, mais c'est plutôt une coquille qui va vous enfermer, et il faut refuser.

Chaque fois que l'on essaiera de monopoliser votre esprit, de quelque manière que ce soit, en vous faisant adhérer à quelque chose, en vous faisant croire à quelque chose, vous devez absolument dire non et vous devez braquer tout de suite.

C'est un réflexe très sain.

Pourquoi est-ce que cela est nécessaire aujourd'hui ?

Tout est en phase de libération, donc si vous vous appliquez encore le programme qui a prévalu pendant 2000 ans, parce que c'est comme cela que cela devait être pour construire la société et l'instant initiatique que l'humanité connaît aujourd'hui, si vous appliquez donc encore l'ancien système, vous ne serez pas du nouveau monde. Et non pas parce que Dieu ne vous aura pas voulu, mais tout simplement parce que vous ne saurez pas comment l'on peut être du nouveau monde.

Quand je vous dis cela, il ne faut pas croire ou avoir la réaction, dès demain, d'envoyer promener très loin tout ce qui vous semble être à caractère institutionnel. Car comme je vous l'ai dit, à l'intérieur de toutes les vérités, il y a un paradoxe. Car de la même façon qu'il faut que vous soyez instruit et que, donc, quelque part l'on vous fasse comprendre des choses qui peuvent vous faire sentir une certaine idéologie, de la même façon il faut aussi vous libérer de l'idéologie.

Et pourtant dans un premier temps il faut vous inculquer l'idéologie.

Comme je le dis si souvent donc, l'évolution est un paradoxe constant.

Et beaucoup d'individus se tapent la tête, perdent la foi, ne savent plus quoi faire sur le Chemin, abandonnent même la spiritualité, ou abandonnent des groupes, abandonnent des Maîtres, parce qu'ils ne comprennent pas ce paradoxe, ils n'en comprennent pas la nécessité.

Paradoxe

Toute vérité qui est énoncée est dite avec son contraire, pourquoi ?

Non pas parce que la vérité contient une part d'erreur et qu'il faut en parler aussi de l'erreur, absolument pas. Cela reviendrait à parler ou à tendre un fruit qui contient un ver, qui n'est pas une bonne nourriture.

Toute vérité est dite avec sa part de non-vérité ou sa part de contradiction, non pas parce que la contradiction est l'antagoniste de la Vérité ou le contraire absolu de la Vérité, donc l'Erreur, mais simplement parce qu'une vérité s'exprime dans un individu qui est en évolution, toujours selon un paradoxe. Et pourquoi ? Pourquoi cette nécessité ?

Cette nécessité existe parce que, dans un premier temps, comme je vous l'ai expliqué, la Vérité qui descend doit instruire l'individu, donc en fait le programmer affreusement et odieusement. Mais là n'est pas son but, car ce qu'elle cherche, la Vérité, c'est à produire la Libération chez l'homme.

Donc en même temps qu'elle le programme, chaque fois qu'une brique est installée, elle doit, pour installer la deuxième brique, casser la première, la précédente. Et c'est là où le disciple devient un élément très important.

Si le disciple n'était pas important dans la première phase, c'est-à-dire l'installation de la première brique, s'il n'est pas non plus important dans l'installation de la deuxième brique, il est par contre primordial pour le passage, son passage qui va de la première à la deuxième brique.

Et c'est ce que l'on vit aujourd'hui.

L'homme n'avait pas besoin d'être intelligent pour que l'église catholique et tout son ésotérisme soient implantés. Cela était l'instant de la vie planétaire qui voulait cela. Les Maîtres l'ont fait, les apôtres l'ont fait, les saints l'ont fait, avec ou sans la participation des hommes et avec ou sans l'évolution des hommes. Et à l'intérieur de cela, pendant deux mille ans, les hommes ont pu évoluer et grâce à cela ils sont évolués.

Comme aujourd'hui, de la même manière, le Nouveau Monde ne demande l'autorisation à personne pour donner ses nouvelles idées. Et ainsi, l'on n'a pas attendu l'autorisation des hommes, que les hommes soient prêts, pour donner par exemple des livres qui sont signés du Tibétain ou de qui que ce soit d'autre. Cela est donné à l'homme, quelle que soit la nature de l'homme à ce moment-là. Parce que ce que l'on vise, ce n'est pas ce qu'il est maintenant, cela compte quand même un peu par rapport à ce que l'on va dire. Mais ce qui compte beaucoup plus, c'est ce qu'il sera demain.

Car il ne pourra être cet individu de demain que par rapport à ce que l'on va lui donner aujourd'hui.

Par contre, le passage de l'un à l'autre, il n'y a que l'homme qui peut le faire.

Aucune institution, aucune volonté divine, aucune pression des maîtres ne peut fabriquer ce passage pour l'homme. Il n'y a que l'homme qui puisse essayer de jongler avec ce paradoxe de programmation / déprogrammation, d'apprentissage / de désapprentissage.

Tout cela pour gravir les échelons.

Lorsque vous grimpez une échelle, vous concevez facilement que vous posez un pied sur un barreau et puis un pied sur l'autre. Par contre, pour aller au troisième barreau, vous savez très bien que vous allez devoir lâcher le premier pied posé.

Et c'est pour beaucoup de disciples - parce que le premier barreau représente tout ce qu'ils sont, représente leur sécurité, aussi bien matérielle, ou affective, ou spirituelle, ou idéologique. Et contient aussi énormément de peur, la peur de l'inconnu - pour donc énormément de personnes, lever le premier pied pour me poser le pied sur le troisième barreau, cela réclame énormément d'efforts.

Parfois plusieurs vies, beaucoup de douleurs, beaucoup de peur.

Or, il se trouve que les guides, les frères et tous ceux qui vous aiment et qui veulent votre bien, restent là, près de l'échelle. Ils tiennent l'échelle qui va de la Terre au Ciel. Et ce sont eux qui, à chaque barreau de l'échelle, vous disent : "Eh bien là, tu vois, sur ce barreau, il y a telle couleur, il y a tel son, il y a telle vérité, et cela correspond à tel niveau de conscience pour toi et à tel type de pouvoir que tu peux ou ne pas exprimer, si cela est ton vœu."

Et une fois qu'il vous a appris tout ce qui se trouve sur le barreau où vous tenez, alors il vous dit : "Bon ben maintenant, tu dois aller un petit peu plus loin, tu dois commencer à décoller tes pieds et approcher l'autre barreau."

Et de la même façon que vous entendez de moins en moins la voix de celui qui vous instruisez sur ce barreau-là, vous commencez à entendre de plus en plus la voix de celui qui va vous instruire sur le barreau suivant.

Et c'est là l'instant critique.

Parce que l'individu qui se trouve dans cette position, croit qu'il va ne pas entendre la même chose. Et du moins, en écoutant, en percevant, en intuitionnant, c'est ce dont il aura l'impression.

Et il va se dire : "Mais ce n'est pas la même chose que l'on m'a raconté sur le barreau d'en bas. Tiens, mais je le vois le barreau qui vient, il n'a pas la même couleur, il n'a pas la même note. Tiens, ce ne sont pas les mêmes créatures. Où je vais ? J'ai peur ! Je ne sais pas où je suis ! Ce n'est plus mon royaume, ce n'est plus mon domaine !"

Et alors très vite, il y en a qui retombent sur le barreau du bas, celui qu'ils connaissent bien, le barreau qui fait leur sécurité... Et qui fait leur malheur parce qu'ils restent là.

Quand un individu retombe comme cela, le gardien, l'instructeur de ce barreau-là a le devoir et la responsabilité - et si il a responsabilité, cela veut dire qu'il doit des comptes à un être supérieur, et que s'il ne fait pas son devoir lui-même va être sanctionné - donc le devoir et la responsabilité, dès que vous atterrissez, de vous envoyer un magistral coup de pied aux fesses pour vous faire lever de là. Et coûte que coûte, il va vous envoyer à l'autre barreau.

Et de quelle manière s'y prend-il ?

Car si cela est très facile à imaginer, à cause de l'exemple que je cite, dans votre vie quotidienne, dans votre vie courante, cela n'est pas du tout facile de reconnaître ce coup de pouce, ce coup de pied qui vous est donné.

De quelle manière cela se traduit ?

De toutes les manières. De toutes les manières, en correspondance directe avec le barreau sur lequel vous vous cramponnez, en correspondance directe avec le barreau prochain que vous devez atteindre, en correspondance directe avec votre rayon, avec vos ignorances, vos connaissances, votre karma et aussi votre avenir. Et tout cela fait un mélange.

Cela crée donc une certaine musique, cela dégage certaines notes. Et d'après le chant de ces notes, il y a un certain coup de pied posé à un endroit très précis qui va être donné.

Ce que l'on appelle aussi des frictions dans le corps éthérique ou dans le corps astral. Et selon le point d'impact, selon donc l'endroit de la friction, l'instant va pouvoir être : ou donner lieu à une immense maladie, une affreuse maladie, ou à une crise de personnalité, une crise d'individualité, ou à une crise professionnelle, ou à une crise idéologique où l'individu s'arrache les cheveux, brûle tous ses livres, claque la porte, ne veut plus voir ses amis, ni le pape, ni sa femme, en disant : "Je vais me retirer pour élever les vaches, parce qu'il y en a assez, je ne comprends plus rien !"

Cela passe par toutes sortes de crises, qui va donc de la crise la plus physique, qui touche la cellule, à la crise la plus psychologique, voire affective, ou aussi à des crises qui peuvent être comme de l'ordre professionnel ou de l'ordre familial. Alors c'est plutôt une crise que nous appellerons une crise d'égrégore, car la vie professionnelle, la vie familiale, fait partie de la vie affective de l'individu, de la vie physique de l'individu, mais compose plutôt un climat autour de l'individu, dont compose son égrégore. Nous appellerons donc ces crises-là, à propos du professionnel et de la famille, des crises d'égrégore.

Si l'individu comprend ce qui se passe, s'il voit clair, s'il accepte, et s'il va plus loin, la crise cesse.

Automatiquement, si la maladie avait cette cause que je précise, la maladie disparaît. Si, par exemple, son problème au travail était dû à cette cause, que j'ai dite, son problème disparaît, ou bien il change d'emploi, ou il trouve soudainement un engagement, mais la crise professionnelle disparaît. Et ainsi de suite pour tous les aspects de l'individu, qui peuvent aller même à des crises suffisamment profondes dans l'être psychologique pour devenir un cas psychiatrique.

Donc en fait, tous les déséquilibres de l'homme, depuis le plan physique jusqu'à un plan psychiatrique, sont des moments de crise et des passages.

Le guide qui vous parle, ou celui qui fait l'office de guide, aura pour fonction de vous faire prendre conscience de cet état de crise, du blocage que vous générez, à cause de ce que l'on attend de vous et de ce que votre âme attend de vous, de ce qu'elle prévoit, de ce qu'elle veut atteindre.

Ce n'est donc pas Dieu qui a mal fait les choses et les archanges qui ont mal créé, de façon à ce que votre matière soit fragile. Ce n'est donc pas la société qui est mauvaise et décidément trop imparfaite et qui vous accable. Ce n'est donc pas votre conjoint qui décidément n'est pas pour vous, au bout de 15 ans de mariage, on se rend compte que l'autre ne fait pas l'affaire. Ce ne sont pas donc tous ces éléments-là qui sont la cause, mais tout simplement l'instant initiatique que vous avez à vivre, le déclenchement que vous devez faire, l'avenir que vous devez incarner.

Et si pour incarner cet avenir, il est vrai, vous devez changer de métier, alors vous en changerez. Mais sans qu'il y ait de crise, sans qu'il y ait de peur, sans qu'il y ait la confrontation avec le vide immense de l'inconnu, sans comprendre ce qu'est cet inconnu.

De la même façon au niveau familial, si vous devez quitter un conjoint, vous pourrez le quitter, mais ce sera en parfaite intelligence, sans aucun problème, et avec encore énormément d'amour et d'amitié.

Donc tout ce qui doit être fait parce que cela doit être fait, cela sera fait.

Cependant il n'y aura pas la crise et la désagrégation de votre conscience vis-à-vis de l'événement.

L'homme qui veut essayer d'être un homme authentique, qui veut donc essayer d'être avant tout un homme debout...

L'Homme Debout

Car on parle depuis longtemps de l'homme debout, comme si l'homme préhistorique n'existait plus. Mais c'est une erreur.

Il y a encore plein d'hommes préhistoriques, et quand je dis cela, ce n'est pas de façon péjorative, croyez-moi. Je ne veux me moquer de personne.

Moi-même, j'ai été très longtemps un homme préhistorique. J'ai longtemps été couvert de poils, les poils de l'ignorance, les poils de l'avarice, de la laideur. Nous avons tous été, quel que soit le maître, le guide qui parle, un affreux chromagnon, croyez-moi !

Ce n'est donc pas aujourd'hui de la moquerie, que j'en vois à votre égard absolument pas.

Mais c'est plutôt un mot fort pour vous faire prendre conscience que vous êtes toute la journée accroupi, courbé, comme un homme des cavernes, qui ne comprend rien à la nature qu'il a autour de lui, qui a peur du cri des lions, qui a peur du bruit de sabots des taureaux ou des buffles, qui a peur aussi du feu qui est spontanément généré par la foudre dans la forêt, et qui ne sait même pas comment créer le feu, et qui n'a pas encore compris qu'il devait se couvrir pour ne pas avoir froid, et qui ne sait pas ce qu'est l'autre, l'autre chromagnon qui est en face de lui.

Toute la journée l'homme plie le dos sous les soucis, sous les factures, sous l'agression, sous l'humiliation, sous l'incompréhension, sous l'ignorance, à cause de la tête qu'il a, ou des jambes trop courtes dont il est doté, à cause des rêves qu'il crée et qu'il sait très bien qu'il ne pourra jamais vivre, parce que c'est un rêve, et que la réalité, si elle est bien vécue, propose plus que le rêve.

Toute la journée, donc, l'homme est un homme courbé, un homme avachi, un homme petit, un homme des cavernes.

Pour être un Homme Debout, et pour devenir ce fameux homo sapiens, dont l'homme est si fier aujourd'hui, eh bien il faut être, et je ne vais pas dire un disciple, car cela connoterait quelque chose de religieux ou de trop profondément spirituel. Mais pour être simplement un Homme Debout, il faut que vous commenciez quelque part à être libre, tout simplement.

Si vous avez au cou le boulet de la peur, le boulet de l'ignorance, le boulet des soucis incontrôlés, ressassés inutilement, ou bien des situations que vous créez par manque de diplomatie, manque de politesse, ou par brusquerie, ou par avarice, par tous les défauts que la nature humaine puisse avoir. Et toutes ces situations négatives qui reviennent vers vous, eh bien c'est autant de poids, autant de boulet qui s'accrochent au cou, et au fur et à mesure, au fur et à mesure des vies, des années, eh bien voilà un homme qui a le front à terre, tout courbé, tout bossu.

Le Guide qui veut vraiment votre bien, qui sait de quoi il parle, qui connaît véritablement la destinée humaine et la raison de l'incarnation humaine, ce guide-là ne va pas vous apprendre des grandes théories sur Dieu. Il faudra cependant que cette théorie soit enseignée, des autres le feront. Il va vous apprendre à faire le décompte un à un de vos boulets.

Un à un il va vous faire regarder vos attaches, il va essayer de vous faire prendre conscience de vos liens, de vos manques de liberté, de l'étroitesse de vos esprits, ou de l'erreur de votre jugement, votre appréciation des choses, qui vous conduisent inévitablement à des situations négatives et catastrophiques, où vous avez même parfois envie de vous suicider, ou de tuer les autres, ou de leur jouer un mauvais tour, pour être quitte avec leur méchanceté.

Pour sortir donc de ce cercle vicieux, il faut non pas aller contre l'autre, ni même aller contre soi-même, en faisant mea culpa et en se disant : "mais je suis bête, mais je suis inutile !"

Rien de tout cela n'est nécessaire, il faut simplement regarder sagement, réellement, ce qui vous a conduit à cette situation et qui crée cela.

Si dans la situation une autre personne a une part de responsabilité, que l'on vous accorde tout à fait, il est cependant de votre responsabilité à vous, de votre liberté à vous d'être malgré tout supérieur à ce que la personne fait. Et qui mériterait, si l'on regardait d'après le proverbe qui dit "œil pour œil, dent pour dent", qui donc mériterait une réaction de votre part.

Loi du Talion...

Et énormément de disciples ont encore cette réaction.

Ils se disent : "Il ne faut pas être idiot, il faut être réactif ! Celui-là m'a giflé, je lui renvoie sa gifle ! Je l'aime quand même, ça Dieu le sait. Je lui pardonne, Dieu le sait. Mais je lui renvoie quand même ma gifle, parce que c'est la Justice et que moi j'ai le sens de la Justice, mais que je suis réel et que je vais lui montrer comment je m'appelle et qui je suis, pour qu'il me respecte."

Il est vrai que de temps en temps il faut exercer une sorte de puissance sur l'autre, qui doit être toujours cependant inspirée par l'Amour et non pas par une quelconque réaction, pour redéterminer un champ de personnalité depuis lequel vous vous affirmez et où vous pouvez dominer.

Vous ne devez jamais vous affirmer vous-même.

Ce qui ne veut pas dire que vous devez être comme des pleutres et des veules sans volonté aucune et accepter, comme cela est le cas lorsque l'on interprète mal la réplique du Christ en disant : si l'on te frappe sur la joue droite, eh bien tend la joue gauche.

Il y a une énorme différence entre ces deux proverbes et celui qui a quelque part un sens logique et qui veut essayer d'être un bon disciple se dit : "Mais qu'est-ce que je fais Dieu ? Alors je fais œil pour œil, dent pour dent ou je lui tire la gifle ou bien c'est moi qui accepte la prochaine gifle ? Qu'est-ce que je dois faire pour être un bon disciple ? Pourquoi est-ce qu'à l'intérieur même de ton église, les pères de l'église ne savent pas comment il faut parler ? Et pourquoi est-ce que le Christ, qui est l'essence même de l'église, semble ignorer ce qu'ont dit les anciens et dit tout le contraire ? Est-ce que c'est pour mieux nous perdre ? Est-ce que c'est pour jouer un jeu imbécile ? Est-ce que véritablement on ne peut croire aucun prophète, même pas le Christ lui-même, parce qu'à tout instant il peut renier ce qui a été dit par les ancien ? Et qui me jure qu'un jour ne viendra pas un autre Christ qui dira le contraire du Christ qui existait à 2000 ans ?"

Et ainsi en montant un château de cartes qui va d'interrogation en interrogation à cause de l'ignorance l'individu finit par s'écrouler parce que ce n'est qu'un château de cartes.

Que doit faire l'individu ?

L'individu qui a véritablement envie, parce que cela est sa nature, de renvoyer œil pour œil, dent pour dent, il a parfaitement le droit de le faire. Aucune règle, aucun Dieu, aucun Maître ne va nous l'empêcher. Et c'est pour cela que le monde peut connaître l'histoire que vous lui connaissez aujourd'hui.

Celui qui, au contraire, commence quelque part à sentir en lui la volonté, peut-être non pas de subir l'autre, mais de pardonner à l'autre, d'effacer ce que fait l'autre, d'effacer ce que dit l'autre sans que pour autant cela soit un phénomène de soumission ou de manque de personnalité, mais qui va, aux yeux des autres, ressembler à une soumission et un manque de personnalité. En cet être-là pourtant commence la Sagesse et le véritable Détachement.

Sagesse & Détachement

Qu'est-ce donc qui va permettre à un individu de savoir utiliser la Puissance quand il le faut, l'affirmation donc quand il le faut, et accepter d'être battu quand il le faut ?

Ce qui va lui permettre de faire le choix entre les deux, c'est tout simplement un état de paix intérieur, une sagesse acquise en tant que Lumière, et non pas en tant que données idéologiques, mais en tant que substances spirituelles véritables.

Ce qui fait qu'au moment où il voit un ignorant se précipiter sur lui et le rouer de coups, l'individu va se dire : "Mais, c'est certain, je ne suis pas content d'avoir reçu tous ses coups, j'aurais préféré recevoir autre chose. Cependant il était ignorant et il ne pouvait donc produire aucune autre action. Je lui pardonne, je me lève, je secoue ma robe et je vais voir ailleurs."

Si par contre, à un autre moment, le disciple se trouve face à un autre disciple d'un certain degré, à un individu qui commence à savoir quelque chose, dont l'individualité a commencé à naître et qu'il utilise mal cette individualité. C'est-à-dire qu'il essaye un petit peu trop de faire ce que vous appelez vous-même les gros bras avec son esprit et avec sa force de personnalité. À ce moment-là, quand le disciple se trouve face à ce type d'individu, il va véritablement sortir toute sa force pour aller lui-même lui rendre la Justice. Et être à ce moment-là non pas celui qui va exercer bêtement le proverbe œil pour œil, dent pour dent, mais qui va tout simplement être un miroir pour renvoyer la bêtise qu'émet l'autre.

C'est-à-dire que le disciple en fait ne va pas prévoir de dire telle ou telle chose, de faire telle ou telle chose à l'encontre de l'individu pour l'instruire ou pour le remettre à sa place. Il va tout simplement par la puissance de sa Sagesse, de sa Vérité, faire un miroir absolu. Un miroir qui va pouvoir s'exprimer ou par une parole ou par un geste ou simplement par un rayonnement de l'aura.

Et à ce moment-là, l'individu va recevoir, comme par un effet de boomerangue bien connu dans le karma, va recevoir sur lui l'entier de ce qu'il a émis.

Et l'autre va croire que le disciple a fait justice, qu'il a eu une réaction. En fait, le disciple n'aura déterminé aucune réaction. Il a fait miroir, c'est tout.

C'est la seule manière pour un disciple authentique, pour un initié véritable, comme pour un Maître, comme pour Dieu lui-même, c'est la seule manière de rendre la Justice.

Donc dans cela, il n'y a pas ce que l'on appelle "le jugement moral" et qui fait perdre la tête et le sens des choses à tant de gens.

Le jugement

Dans ce phénomène-là, il n'y a donc aucun jugement et c'est pour cela que le Christ a affirmé que l'on ne devait pas juger, parce que le jugement est une activité dans l'esprit de Dieu qui n'existe pas. Et donc, si l'on juge, c'est articuler une énergie illusoire. On perd son temps, on perd son âme à le faire.

Pour vivre, malgré tout, parmi les hommes, certains disciples disent : "Oui, le Christ était assez grand pour tout pardonner, pour être au-dessus de tout, donc il ne juge pas. Il reçoit ses gifles et il est content. Il monte sur la croix et il trouve ça très bien. Mais en attendant, nous qui sommes sur la terre, nous qui ne sommes que des hommes, nous avons affaire avec les autres hommes. Et si on ne se défend pas, eh bien, on vient nous manger la soupe jusque dans notre assiette, voyez-vous. Vous, vous êtes des maîtres. Vous pouvez tout faire. Vous avez tout en vous, la paix, l'immortalité. Mais nous, qu'est-ce qu'on est ? On est en guenille, remplis d'ignorance, d'incapacité, de faiblesse ! On n'est que des hommes ! Alors on doit se défendre et on doit renvoyer. Donc, si l'on doit renvoyer, l'on doit savoir qui est l'autre. Donc, si l'on doit savoir, c'est que l'on doit juger. Et pas parce que l'on veut juger, tu sais, mais simplement parce que il n'y a que comme ça que l'on sait qui est l'autre."

Il est certain que cette version des faits est une vérité pour ceux qui vivent à ce niveau-là. Et ceux qui vivent à ce niveau-là ne pourront jamais vivre autrement parce que s'ils essayaient d'imiter le Christ, eh bien, ils n'évolueraient même pas. Il leur faut donc, pendant un certain temps, vivre l'Ancien Testament. Et vivre vraiment donc ce premier palier de la Science et de la Sagesse et de la Vie en mouvement et véritablement renvoyer œil pour œil, dent pour dent. Mais en sachant que c'est en attendant de devenir plus fort et de devenir plus sage et qu'à l'instant où ils sont en train de faire œil pour œil, dent pour dent, ils doivent en même temps y mettre tout leur Amour et toute leur repentance, de façon à ce que Dieu ait pitié.

Et non pas pitié parce qu'ils voient une pauvre chose, appelée Pierre, Paul ou Jacques, qu'ils ne peuvent pas faire autrement, de façon à ce qu'ils envoient sa compassion pour faire lever Pierre, Paul ou Jacques de son niveau initiatique.

Donc il faut que l'individu qui se situe là, fasse comme il sent qu'il doit faire, qu'il peut faire, s'il ne veut pas se faire manger par d'autres, s'il veut mener sa vie quand même à travers la jungle humaine, c'est ce qu'il dit, c'est ce qu'il pense. Et grâce aux différences, ces expériences, il arrive petit à petit à se construire une étoffe d'homme, une étoffe de disciple et quelque part il commence donc à être fort, fort de sagesse, fort de Lumière. Et grâce à cette force, il va pouvoir commencer à exercer le nouveau testament, le Nouvel Homme, parce qu'il sera un nouvel homme.

Pensez à cela, pourquoi est-ce que votre Bible est partagée en deux ? Pourquoi est-ce que comme par hasard, il y a l'ancien testament et le nouveau testament ?

Ancien testament - Nouveau testament

Est-ce parce qu'il y a Moïse d'un côté, Jésus-Christ de l'autre ? Non.

C'est tout simplement parce qu'il y a le premier homme, le né de la Matière, et il y a le deuxième homme, le né de l'Esprit.

Celui qui applique la loi de Moïse, la loi qui dit "œil pour œil, dent pour dent", comme le disaient aussi les anciens prophètes, ceux-là sont des hommes de la Matière et ils doivent appliquer l'ancien testament parce que c'est leur domaine, c'est le réseau de force dans lequel ils vivent et ne peuvent pas vivre autrement, ils doivent s'en sortir en jouant des coudes et des coups de pied.

Mais quand ils commencent quelque part à sentir l'appel de l'âme, quand quelque part ils commencent à être sensibles à s'ouvrir, à s'éveiller, alors il leur faut très vite devenir le deuxième homme, celui du nouveau testament. Donc, non plus la loi, mais l'esprit de la loi.

Moïse était la Loi, Jésus était l'Esprit de la Loi et c'est pour cela qu'on ne le supportait pas à cette époque-là. C'est pour cela qu'il a été sacrifié, parce qu'il était l'esprit de la loi.

Il faut toujours passer donc à un moment donné de l'Homme de la Terre à l'Homme de Dieu, de l'ancien testament au nouveau testament, de Moïse qui est la structure, à Jésus qui est l'essence.

Et quels que soient les âges que vous connaîtrez dans le futur, dans de lointaines d'incarnations, vous serez toujours face, quelque degré que ce soit, face à ce même échelon entre Moïse et Jésus, la structure et l'essence.

Pour donc être toujours en parfait discernement par rapport à ce que vous devez vivre dans le monde quand vous devez accepter la gifle, vous devez toujours considérer la Sagesse qui vous y pousse et non pas la capacité de subir que vous pouvez avoir. Vous devez toujours essayer de dominer - et non pas par un effort de la personnalité, du système nerveux, de l'affection, des sentiments - vous devez toujours essayer de dominer par la grandeur de votre esprit.

Et non pas parce que vous essayez d'être pareil à Dieu, d'être pareil au Maître, mais parce que véritablement en vous, vous voulez commencer quelque part à voler très haut. Et donc, ce qui se passe de très bas, non pas que vous le jugez comme étant très bas et en disant dédaigneusement : "Boaf ! Je ne m'occupe pas de ces choses-là, bon, ma femme me trompe, eh bien celle-là est encore là, tant pis, moi je médite."

Et pourtant au fond de vous, il y a quelque part un verre qui vous ronge les tripes, car au fond ça ne vous plaît pas du tout, car au fond ça vous dérange profondément, car en vérité vous avez envie d'aller dans la chambre, de prendre votre femme, de la sortir du lit, de lui donner deux gifles qui l'envoient dans la salle de bain et de lui dire : "Tu es la pire des cochonnes que je connais !"

En fait, c'est ce que vous voudriez faire, mais entre ce que vous voudriez faire par réaction et entre ce que vous savez que vous devez faire en tant que disciple, vous trouvez qu'il y a tout un monde. Alors souvent le disciple refoule et il se dit : "Bon, c'est une garce quand même, bon, je suis gentil, je suis bon disciple, je lui pardonne, j'admets qu'elle est encore à vivre, un plan physique, désordonné et très sensuel, moi tant pis, je me consacre à Dieu."

Il y a autant de bêtises à gifler cette pauvre femme pour la faire atterrir dans sa baignoire, il y a autant de bêtises à réagir de cette façon-là, comme si l'individu en fait de façon pathétique se crucifiait, comme si Dieu avait besoin de sa crucifixion.

Que faut-il penser de juste là-dedans ?

Vous avez le droit de souffrir quand vous vivez ce genre de circonstances, ou les circonstances qui ressemblent à cela, qui vont dans les mêmes paramètres. Vous avez parfaitement le droit d'être dérangé et il faut être authentique avec votre souffrance.

Seulement aller gifler la femme, ou pour la femme aller gifler le mari, n'est pas la solution, car c'est vivre au niveau des instincts et cela, en tant que disciple, vous ne le voulez pas.

Ce que vous devez faire pour être disciple, c'est prendre votre conjoint, l'asseoir de l'autre côté de la table, mettre sur la table entre vous deux une bougie et parler calmement.

"Je sais tout sur toi, je sais ce que tu fais, je sais que tu ne m'aimes plus, ou je sais que tu en préfères un autre. Tu sais, j'ai assez d'affection et j'ai assez de respect pour tout ce que nous avons vécu ensemble pour accepter que tu puisses aller vers une autre vie et que tu aies envie de vivre quelque chose avec quelqu'un d'autre que peut-être moi je n'ai pas su te faire vivre. Mais s'il te plait, si toi-même tu connais vis-à-vis de moi le même respect, si tu as la même amitié ou le même amour encore pour moi, essaye d'abréger cette situation. Essaye d'aller le plus vite possible dans ton expérience et reviens au foyer calmement, sobrement, pour l'ambiance, pour notre vie de couple, pour les enfants, pour tout ce que nous avons à vivre ensemble. Si toutefois tu sens que tu ne peux pas faire autrement et que ton expérience prendra beaucoup de temps, alors je te laisse aller. Prends ton temps, tu peux prendre si tu veux des valises, tu peux aller ailleurs ou tu peux même rester à la maison mais faire comme si pratiquement je n'existais pas. Vis ta vie complètement et si un jour tu sens que tu dois revenir à la maison, sache que tu en es libre. Si par contre un jour tu sens que tu dois partir définitivement, alors préviens-moi."

Et après cette explication, le disciple peut aller méditer.

Et il peut même pendant sa méditation appeler Dieu, appeler Dieu pour qu'il l'aide à supporter, appeler Dieu pour qu'il aide sa femme ou le conjoint tout simplement à se sortir de la situation et à voir les choses autrement. Et il peut se confier pleinement à Dieu. Lui confier ses larmes, lui confier sa douleur d'homme ou sa douleur de femme, car à ce moment-là cette douleur sera une bonne et une propre douleur.

Et tous les anges de la compassion qui existent dans l'Univers seront sensibles à cette douleur et viendront vous consoler, quel que soit le problème. Ils viendront vous consoler parce qu'ils en ont l'Mmour, parce que c'est aussi leur nature, leur travail pratiquement.

Par contre, aucun ange de la compassion, aucun bouddha de la compassion, comme l'on dit aussi dans d'autres pays, aucun être de la compassion ne viendra vous soulager, n'essaiera de venir sur un plan physique pour changer la situation s'il voit que vous réagissez d'après les instincts, avec violence et avec véhémence.

Il dira : "La situation que vous connaissez cet individu est vraiment triste, c'est dommage, mon Dieu que c'est dommage, toute cette souffrance, toute cette incompréhension, tout ce gâchis d'amour, tout ce gâchis de temps ! Mais sa réaction n'est pas juste, alors il doit apprendre."

Et la réaction qui n'est pas juste entraîne donc un long moment, un moment de digestion où l'homme va, ou bien la femme, vont digérer leur souffrance autant que leur humiliation, autant que la tête de l'autre, qu'ils ne peuvent plus supporter mais qu'ils veulent encore avoir près d'eux, soit par esprit de possession, soit par peur de l'insécurité.

Pour donc défaire ce sentiment d'insécurité, cette peur ou cette possession qui anime le négatif de la réaction, l'ange de la compassion ne viendra pas vous aider. Parce qu'il va juger que souffrir de telles choses est une bonne chose, parce que cela va vous faire prendre conscience de votre recours sans cesse à la sécurité offerte par l'autre, ou de votre instinct de possession.

Et c'est par une multitude de souffrances que l'homme prend conscience de ce qu'il est et qu'il développe peu à peu un phénomène que l'on appelle dans la religion : la purification.

Purification - Libération

Si en religion on appelle cela la purification, nous préférons, d'après le nouveau langage qui est offert dans le nouveau monde et d'après le nouvel état d'esprit que vous êtes capable d'entrevoir et d'intégrer, nous préférons appeler cela le chemin de Libération, où l'homme retrouve donc davantage toute sa noblesse.

La purification signifie qu'un être est sale quelque part. C'est vrai qu'il est sale. Il ne faut pas avoir peur des mots. Il faut savoir appeler un aveugle un aveugle et un avare un avare. Et il faut pouvoir le lui dire. Seulement ce qu'il faut savoir, c'est que cette cessité ou cette avarice ne sont pas des choses aussi noires que cela sur la vie et sur l'âme de l'homme. Ce sont des attaches. Les attaches de la Matière, les attaches de l'ignorance.

Donc le fait d'évoluer est un phénomène de Libération.

Vous pouvez appeler ça purification si cela parle davantage à votre cœur et si cela met en route tout votre feu. Mais sachez que c'est avant tout un feu qui brûle pour la Libération.

Donc quand vous approchez un Maître, que ce soit par l'intermédiaire d'un texte ou par ce que vous le voyez, ce que vous pensez être un Maître, que l'on peut résumer au nom de Guide.

Quand vous l'entendez parler, que vous vous demandez à quel niveau il peut bien être, quel aspect de la Vérité il donne. Et si cet individu est véritablement fiable, parce qu'après tout il ne va donner que sa vérité. Vous devez arriver, non pas en homme courbé qui va une fois de plus et cette fois-ci malheureusement au nom de Dieu subir une nouvelle attache, subir une nouvelle institution, une nouvelle obligation. Vous devez y aller en Homme Debout, avec l'œil clair, le sourire large et les bras libres !

Et ainsi vous allez savoir si cet homme parle de la manière qu'il vous faut, s'il vous dit la chose juste et si ce qu'il dit est quelque chose qui vous concerne ou si cela concerne d'autres personnes. Et à ce moment-là, si cela concerne d'autres personnes, eh bien il faut laisser la liberté à cet homme de parler et aux autres d'adhérer éventuellement à son idéologie. Car quelque part cela leur sert.

Même si dans un premier temps cela semble les abétir, le fait d'être abétis un instant va créer après, en conséquence, une réaction de rejet. Et c'est dans cette réaction de rejet que l'homme va commencer à devenir libre.

Ce qui fait que tous ceux qui entrent dans les sectes et les sectes qui ne sont pas bonnes, même si elles sont spirituelles, parce qu'elles sont simplement trop sectaires, tous les individus qui entrent dans les sectes, ils sentent que cela soit insupportable et que les Maîtres devraient faire quelque chose pour changer cet état de fait. Qu'ils devraient programmer et proclamer très haut la Vérité pour que tout le monde sache où aller, quel chemin prendre et quel prophète ou quel individu est suffisamment blanc pour parler de la Vérité.

C'est vrai que c'est triste quand on voit un enfant qui est à peine sorti du lycée et qui, pieds et poings liés, entre, prisonnier dans une secte, et qui perd son esprit, et qui perd sa liberté, qui perd même sa santé parce qu'on lui fait faire des choses bizarres. C'est vrai que c'est dommage et si vous avez la sagesse, le tact et l'amour pour sortir une personne de ce genre de goulets, c'est une bonne chose que vous le fassiez. Mais si cependant vous voyez la personne résister et vouloir y rester quand même, vous devez accepter. Pourquoi ?

Parce que cela est la seule manière pour cette personne d'apprendre à devenir libre.

C'est donc en s'enfonçant immensément dans la prison qu'un jour, à force d'aller au fond de la cave de la prison et de se taper contre tous les murs et de ne plus y voir clair, que l'individu va dire : "Mais je suis en prison ! Mais qu'est-ce que j'ai fait ? Où je suis allé ? Pourquoi je me suis emprisonné ? Et ma prison rétrécit de plus en plus !"

C'est donc en descendant au fond de la prison que l'individu un jour, parce que l'âme est une liberté, l'âme donc ne supportera pas un jour de descendre indéfiniment à cause de sa personnalité et enverra un jour l'impulsion. Et elle lui criera : "Mais craque tous ces murs, libère-toi !" et l'homme entendra et il rejettera tout.

Ce qui fait que l'incarnation d'après-bien, il se pourrait très bien que l'individu soit réfractaire à l'entrée dans quelque religion ou dans quelque groupe que ce soit. Nouvelle énigme pour celui qui est l'observateur, qui ne connaît pas trop les choses et qui regarde avec un esprit équilibré logique, il se dit : "Mais ça ne va pas. D'un côté il y a ceux fanatiques qui rentrent dans tout ce qui existe, qui vont dans toutes les portes qui s'ouvrent, qui se jettent sur tout ce qui bouge. Et de l'autre côté il y a des fous, tout aussi fous que les autres, qui ne veulent rien entendre, qui renie les dieux, qui renie les maîtres, qui renie tout ce qui existe et qui veulent s'affirmer par le seul principe de leur individualité." (revoir)

Vous qui êtes l'observateur, vous avez bien sûr la tête qui tourne. Mais je vous propose simplement de rire, sourire comme un père sait sourire quand il voit son enfant peiner et aller d'une extrême à une autre, d'aller d'un bout à l'autre. Il faut sourire et comprendre et éviter de vous mêler de la vie de ces gens, en leur disant à celui qui est dans la secte : "Eh bien tu sais, ça ne me va pas du tout ce que tu fais, tu ne te rends pas compte mais tu es complètement fou, voyons ! Mais où tu as mis ta tête ? Tu ne vois pas que ce qu'il dit est faux, tu ne vois pas que tu deviens fanatique ?"
Pas plus qu'il ne faut aller dire à l'autre : "Mais tu ne vois pas que tu es complètement irréel ! Il faut forcément croire à quelque chose, il faut forcément faire quelque chose pour devenir divin ! Il faut un jour rencontrer un initiateur et rien que cela, cela t'oblige à renier l'idée farfelue que tu as, que l'on ne doit obéissance à personne !

Il ne faut pas donc aller contre les états d'esprit de ces personnes-là, il faut les comprendre et essayer patiemment de leur faire prendre conscience de l'erreur dans laquelle ils sont. Et ainsi, l'un comme l'autre, chacun dans leur domaine extrême, si vous savez leur parler, si vous savez les guider, si vous savez les aimer, et que cela est le moment pour eux de changer, vous allez les ramener tous les deux en un point.

(Ce qui va permettre à d'autres compas de resserrer leurs bras pour devenir un, un entre eux et un en eux aussi.)

Pour ce qui est encore des guides, je voudrais rajouter que par rapport à la question qui a été posée, à quel niveau commence-t-on à devenir un guide ou à entrer dans la hiérarchie en tant que vraiment individu actif, je préciserai que tout le monde appartient à la hiérarchie, quel que soit votre degré.

Cela va de l'homme le plus profane à l'entité la plus développée qui existe dans la hiérarchie planétaire ou dans la hiérarchie solaire, parce que toutes les vies sont unes, du point le plus bas au point le plus haut, dans le même esprit et dans le même mouvement, pour le même but, dans le même avenir.

Toutes les vies sont unes.

Donc il n'existe pas un endroit où l'homme est un animal, où l'homme commence à se gratter la tête et à compter, où l'homme ensuite commence à savoir cuisiner et puis un jour il devient philosophe, et puis un jour, parce qu'il est grand, il devient un initié.

Tout cela est le même homme et il est dans la hiérarchie même quand il est un homme des cavernes, même quand il est un homme qui bat sa femme ou une femme qui bat ses enfants sans raison, ou un assassin qui va assassiner son voisin, ou un voleur qui va voler une banque. Il fait partie de la hiérarchie. Pourquoi ?

Essayez d'intuitionner pourquoi, essayez de recevoir ma pensée. Pourquoi est-ce que l'homme, quel qu'il soit, et de quel niveau qu'il soit, appartient à la hiérarchie de Dieu ?

Tout simplement parce que étant composé de la même essence qui se trouve pleinement exprimée par les immenses entités de la hiérarchie, il se trouve donc par le même objet que ses grandes entités.

Puisque Dieu est en tout le monde, que Dieu est en tout, tout le monde donc appartient à la hiérarchie de Dieu.

Seulement il est vrai qu'au cours de la phase instructive, au cours de la phase de libération, que l'on appelle l'évolution, il y a des phases, mais qui n'ont rien à voir avec le fait que l'homme appartienne ou pas à la hiérarchie, qui ont tout simplement à voir avec le fait que l'homme est initié à un certain degré de conscience ou pas, à une certaine connaissance ou pas, à un certain mystère ou pas. C'est donc une appartenance dans le degré de pénétration du mystère et non pas par rapport à la nature ou à l'être que vous êtes.

En tant que Homme, vous êtes déjà un dieu et vous appartenez donc non seulement à la hiérarchie, mais vous êtes déjà le point le plus haut de la hiérarchie. Le Christ, le Logos planétaire, le Logos solaire, tout cela vous l'êtes !

Par contre, pour en avoir pleinement conscience, pour le véhiculer en vous, pour le rayonner hors de vous, il va vous falloir petit à petit pouvoir remanipuler les mystères qui sont les vôtres et passer donc nécessairement par des instructions et des initiations.

Ce qui fait qu'encore une fois, on soulève un paradoxe.

Comme je le dis ici souvent, il y a l'homme qui appartient par nature, par essence à la Hiérarchie, qui est déjà le Dieu le plus puissant et il y a pourtant cette partie de lui qui doit commencer au bas de l'échelle et qui connaît les degrés et qui connaît les phases que l'on appelle l'approbation, puis le discipula, l'initiation, ensuite la maîtrise.

Tout cela existe et cohabite, mais il faut faire la différence entre ce qui est une vérité essentielle et ce qui est l'instrument pour retrouver votre vérité essentielle.

L'instrument ce sont toutes les phases initiatiques. Et ça c'est une étiquette et il ne faut pas que coller l'étiquette sur le front. Sinon quand vous allez vous regarder dans la glace ce matin, vous verrez là marqué « Initié du premier degré » et puis ça dans le fond, ça ne vous plaît pas du tout parce qu'en fait vous voulez connaître Dieu ou parce qu'en fait quelque part en vous, il y a la volonté d'être un initié, parce que vous travaillez pour cela. Donc ne faites pas l'erreur de coller cette étiquette, même si la résurgence de votre Connaissance, la résurgence de votre Puissance, la résurgence de votre Conscience, en est à la première initiation majeure, vous n'êtes pas cela. Vous êtes déjà tout, mais vous réapprenez petit à petit, en passant par là, à retrouver le pouvoir de ces choses. Donc ne mettez pas d'étiquette.

Beaucoup de disciples ont un cœur énorme comme cela, se jettent en Dieu de façon presque désordonnée, tellement ils y vont avec passion, avec ardeur, avec satrifice ! Et puis un beau jour ils s'arrêtent - parce qu'il y a toujours des pauses dans les mouvements - et puis ils se disent :

"Mais après tout qu'est-ce que je suis ?

Je suis un imbécile, je ne connais pas ceci, donc je suis un ignorant !
Et puis moi, l'aura, je ne la vois pas, et mes chakras, je ne les sens pas et je ne sais même pas visualiser. Il y a toujours un chameau qui passe sous la voiture de mon voisin et il n'y a pas moyen que j'arrive à regarder l'étoile..."

Alors il fait le compte de tout cela et puis il se dit : "Bah ! Finalement je ne suis rien, voilà ! Et je sais que toutes mes erreurs correspondent à telle initiation ou à telle manque d'initiation !". Et quand il se regarde, mmm, ce jour-là, il ne s'aime pas, il ne s'entend pas avec lui-même, il est plein d'étiquettes, plein de tampons : manque de ceci, manque de cela.

Et son âme, qui elle a seule le droit de regard, quand elle voit toutes ces choses, toutes ces horreurs, toutes ces étiquettes, tous ces tampons, toutes ces vignettes, se dit : "Mon Dieu, quelle horreur ! C'est ça ma figure ?! C'est ça mon corps ?! C'est ça ma personnalité ?". Et à ce moment-là, oui, véritablement, elle, elle part, elle fait un phénomène de rejet.

Et c'est dans cette réaction de rejet que se déclenche un malaise, une crise de personnalité. Qui sera vécue en tant que telle par le disciple. Et c'est là où le disciple doit être attentif, il doit comprendre que c'est une crise de personnalité et où il doit cesser de s'identifier à ses manques, de s'identifier à ce qu'il croit savoir ou ne pas savoir. Il doit cesser de se coller des étiquettes et de se regarder comme étant plein de trous parce qu'il lui manque à droite ceci, à gauche cela.

Il doit se voir d'abord en tant qu'une Unité spirituelle, une Unité qui est à dévoiler, petit à petit, comme Salomé danse et se déshabille. Il faut d'abord, donc, qu'il s'aime lui-même.

Je vous le dis, pour être un bon disciple, il faut d'abord que vous appreniez à vous aimer vous-même, donc à accepter que vous êtes, avant tout, une Unité Divine.

Pour être un bon disciple, il faut d'abord que vous appreniez à vous aimer vous-même, donc à accepter que vous êtes, avant tout, une Unité Divine.

C'est cela faire la paix en vous.

Ce n'est pas vous croire intellectuellement, cérébralement, divin, et que c'est dur d'avoir l'état de conscience, et que c'est dur de retrouver l'état, et que l'on essaye malgré tout d'être bon disciple. Il faut que la chose soit une conviction intérieure.

Et plutôt que de travailler à la méditation, de travailler sur vos chakras, je vous propose dans les jours qui viennent de travailler à cette prise de conscience, à cette conviction intérieure et ensuite vous verrez que vous pourrez méditer. Parce qu'il n'y aura plus de chaos dans votre tête, il n'y aura plus le chameau qui passe. Parce que, pourquoi le chameau passe ? Est-ce que c'est parce que votre pensée n'est pas disciplinée ? C'est sûr c'est à cause de cela. Mais pourquoi la pensée n'est pas disciplinée ? Pourquoi est-ce que vous n'arrivez pas à la tenir ? Réfléchissez !

Si vous n'arrivez pas à la tenir, c'est parce qu'elle est agité. Et ce n'est pas parce que cela est sa nature, c'est parce que dans votre inconscient, dans votre affectif, dans vos sentiments, il y a des remous énormes de frustrations, d'insatisfactions, de complexes, de traumatismes, d'ambition, d'orgueil, et de toutes ces vignettes, ces tampons et ces étiquettes. Donc forcément à l'instant où vous vous asseyez pour méditer, il y a d'un seul coup une caravane de chameaux. Est-ce que c'est normal ?

Et vous vous dites : "Mais je n'arrive pas à me concentrer ! Je pense à ma voisine, je pense à mon voisin, je pense à mon travail, c'est parce que ma pensée est attachée à ces choses !". Non, si vous étiez détaché ou suffisamment connaissant, comme j'ai pris le temps de vous l'expliquer dans mon discours, suffisamment connaissant pour ne pas être perturbé par un problème au travail, eh bien il n'y aurait pas le chameau du travail qui passerait.

Ce n'est pas parce que vous allez travailler huit heures par jour que quand vous méditez vous pensez à votre travail. Ainsi vous vous dites : "Mais que le monde est mal fait ! Dieu veut que l'on évolue et il ne nous donne rien pour évoluer ! Parce qu'il y a la société, que l'on doit gagner son pain, qu'il faut aller travailler huit heures par jour ! Alors quand je rentre, eh bien je vois encore la machine à écrire ! Je vois encore le distributeur de café ! J'entends encore mon patron qui criait et mes camarades de travail qui disent des choses ! Mais c'est parce que je dois travailler mes huit heures. Alors il faut que Dieu comprenne ! Je ne vais pas méditer ou alors je vais méditer mal."

Dieu comprend tout à fait que vous devez travailler, Dieu comprend tout à fait que vous puissiez être infiltré par ces perturbations. Mais, par contre, ce qu'il ne comprend pas du tout, c'est pourquoi vous acceptez d'être l'esclave de ces perturbations, ça il n'arrive pas à le comprendre. Bien sûr il sait pourquoi, mais il n'arrive pas vraiment à comprendre.

Comme vous, si vous verriez un mage tout puissant, un individu ayant tous les pouvoirs et que vous le voyez se fatiguer, parce qu'il ne croit pas en ses pouvoirs, vous le voyez se fatiguer à souffrir mille morts, ou bien à prendre la voiture pour aller à un certain endroit alors que par sa pensée il peut y aller directement, alors vous dites : "Je ne comprends pas. Il a tous les pouvoirs et voilà qu'il se fatigue à aller dans une voiture, voilà qu'il se fatigue à faire aller telle chose !". Mais vous savez pourtant que s'il accepte de jouer ce jeu, que s'il joue ce jeu c'est parce qu'au fond de lui, il ignore encore qu'il est tout puissant. Donc vous comprenez sans comprendre vraiment, vous comprenez sans l'admettre en quelque sorte.

Eh bien pour les Maîtres c'est la même énigme. Non pas qu'ils se disent que les hommes, décidément, n'arrivent pas à avancer et qu'ils sont bizarres de ne pas se sentir des Maîtres ou se sentir des gens. Ils savent pourquoi vous n'avez pas cette force et pourtant en eux il y a un tel état de la pureté, un tel état de la force, qu'ils ont du mal à croire que, puisque cette même chose existe en vous, pourquoi vous n'arrivez pas au moins à la soupçonner. Ils ne pensent pas que vous pouvez la vivre dès demain mais au moins à la soupçonner un tout petit peu.

Intuition

Et c'est le travail que je vous propose pour terminer mon discours, c'est d'essayer d'intuitionner cette nature qu'est la vôtre. Car c'est le seul moyen, je vous assure, pour que vous soyez bon disciple et pour que vous puissiez méditer, pour que vous puissiez visualiser, pour que vous puissiez réagir correctement dans des situations critiques. Pour que vous puissiez aussi être un serviteur et faire toutes les missions que vous avez envie de faire, que ce soit en projetant vos rêves ou en étant bien concret.

À partir du moment où vous commencez à intuitionner cette authenticité qui est en vous, et, par cela, pour cela vous pouvez avoir accès soit à votre propre intuition ou vous pouvez faire appel à des gens qui sont capables, parce qu'ils préparent certaines conditions, qu'ils vont pouvoir faire réagir en vous certaines énergies ou provoquer en vous certaines prises de conscience - que ce soit à la suite de séminaires ou de quoi que ce soit d'autre - vous pouvez leur faire appel pour prendre conscience de cette chose.

La connaissance de soi. C'est cela la voie, il n'y en a pas d'autre.

Alors qu'ensuite, pour vous instruire, vous soyez franc-maçon, ou martiniste, ou rosicrucien, ou catholique, ou d'aucune religion et de toutes les religions à la fois, peu importe !

A partir de ce moment-là, vous saurez utiliser toutes ces choses comme des instruments et pas comme des étiquettes. Mais avant tout, c'est la connaissance de soi qui compte.

Et une religion dans son but ultime, dans son but essentiel ne vous propose que cela. La franc-maçonnerie dans son but ultime ne vous propose que cela, ainsi que tous les autres groupes. Mais il faut pouvoir vivre l'aspect supérieur de tous ces groupes. Et vous, vous ne pouvez vivre l'aspect supérieur de ces sagesses, de ces groupes, que si vous arrivez avec cette détermination et ce cap.

Donc il faut mettre les choses au clair.

Évoluer, très bien ; méditer, très bien ; visualiser, très bien ; se détacher, très bien. Mais tout cela, vous pourrez le faire facilement et avec brio, si vous commencez à intuitionner ce que vous êtes. Et tout cela aussi, par la même, en l'exerçant, vous arriverez à la connaissance de vous-même.

Méditez bien ce mot quand vous méditez, quand vous marchez, quand vous pensez, quand vous épluchez vos légumes, quand vous pensez à propos de Dieu, quand vous élevez vos enfants :

Connaissance de soi.

Qu'est-ce que c'est qui me permet aujourd'hui de prendre connaissance de moi-même ?
Quelle preuve, quel signe, quelle circonstance négative ou positive, quelle idée lue dans un livre ou quelque chose écoutée de la bouche de quelqu'un, va me permettre aujourd'hui de prendre conscience de moi-même et d'avoir la connaissance de moi-même ?

Et travaillez à cela, exactement comme le scarabée roule sa boule d'argile jour après jour. Exactement comme l'huitre jour après jour autour du grain de sable accumule le nacre pour devenir une perle.

Cette perle, vous l'êtes déjà.

Par contre, il faut cependant refaire le nacre, non pas parce qu'il n'existe plus, mais tout simplement parce que vous devez, parce que telle est l'évolution humaine, vous devez faire en sorte que ce nacre soit conscient de lui-même.

Donc ce n'est pas tout à fait la reconstruction du nacre que vous avez à exécuter, mais petit à petit, en vrillant sur les couches différentes et en pénétrant les couches différentes, petit à petit, vous devez prendre conscience de tout le nacre qui vous compose, de la perle que vous êtes. Et il vous semble, dans ce même temps, construire le nacre.

Mais encore une fois, c'est le paradoxe, comme je vous l'ai dit. Ne faites pas l'erreur : soyez conscient du paradoxe.

Tous les atomes sont là, tout le nacre existe, mais en devant en reprendre conscience, il vous semble que vous devez le reconstruire. Et vous le reconstruisez c'est certain, mais en même temps vous le découvrez. Et ça, c'est ce qu'il y a de plus certain.

Connaissance de soi.

Je vous laisse sur ces mots-là et méditez bien sur eux.

Connaissance de soi.
Là !

Je vous salue.

Date de la conférence : 23 10 1988

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