“Tu vas y arriver !”

“Tu vas y arriver !”

autonomie chemin confiance conscience courage enfants force guérison libération transformation témoignage volonté vie introspection

Je voudrais vous partager ici mon processus de libération des blessures de l'enfance.

Durant mon enfance, ma mère a eu un grave accident de voiture. Miraculée, sa convalescence a été longue et douloureuse et elle s'est suivie d'une longue dépression.

Depuis mes yeux d'enfant, je n'ai plus eu de mère depuis cet accident. Ma mère est morte pendant l'accident. Une femme est rescapée mais je n'avais plus de mère, plus personne pour s'occuper de moi, du jour au lendemain.
Fait aggravant, mon père n'était pas non plus un père, au sens où il avait certes permis que nous venions au monde mais il ne savait pas s'occuper de ses enfants.
Me voilà donc orpheline, sans plus de père ni de mère. Je me souviens être dans mon lit la nuit et me dire alors : “Je ne vais pas y arriver... Je vais crever ici, dans cette maison !”

L'angoisse.
La peur du futur.
Quelque chose de froid et d'épais envahissait ma chambre à cette pensée.

J'essayais d'imaginer comment j'allais bien pouvoir m'en sortir seule, sans mère pour s'occuper de moi. Cela me paraissait impossible. Comment allais-je faire ? Je ne savais pas me faire à manger, m'occuper des lessives, de ma jeune soeur... etc. Autant d'impossibilités en apparence.

La journée, quand je rentrais de l'école, une femme était là dans le salon, prostrée. C'est comme si elle ne nous reconnaissait pas. Plus rien n'émanait d'elle, plus aucune vie. Ma mère était physiquement là, son corps était là. Mais, à l'intérieur, elle était morte. C'était comme si elle ne nous voyait plus, ne nous entendait plus. Comme si nous n'étions plus ses enfants.

Cette situation était grave, troublante, triste, pour un enfant. Et pourtant, personne ne nous disait rien, ne nous expliquait rien. Il n'y avait plus personne pour nous expliquer les choses. Il nous fallait tenter de les comprendre toutes seules. Il nous fallait faire le deuil de notre vie d'enfant car notre enfance était bien finie. Notre vie d'avant s'était brutalement terminée au moment de l'accident.

Plus tard, j'expérimenterai d'autres morts et d'autres renaissances. Plus tard je comprendrai les cycles. Mais à ce stade de mon développement (entre 7 et 14 ans) j'ai cru que c'était la fin de ma vie avec la mort de ma mère.
À ce moment-là, j'ai chuté et j'ai cru que je n'allais pas y arriver. Cette croyance est restée gravée, imprimée en moi toute ma vie ensuite. Dès que j'étais confrontée à une situation difficile, à une épreuve, cela me semblait insurmontable. Systématiquement je “croyais” que je n'allais pas y arriver et je ressentais cette même angoisse, cette peur ressentie et cristallisée alors que j'étais enfant.

La peur de ne pas y arriver.

“Je ne vais pas y arriver...”

Et pourtant.. J'y suis arrivée. Je ne suis pas morte. Je me suis relevée. J'ai expérimenté ce que c'était de vivre sans mère et sans père. J'ai du me prendre en charge et m'autonomiser très jeune. J'ai du, par la force des choses, apprendre tôt à me débrouiller seule, à m'occuper de ma soeur. À être une maman pour elle. Puis pour d'autres.

“J'y suis arrivée.”

L'inverse à 180 degrés de “Je ne vais pas y arriver” , c'est : “Je vais y arriver !”
Ce n'est pas du tout la même énergie.
Je sens tout de suite le courage, là !
Oui, le courage !

Par le passé, lorsque je me disais “Je ne vais pas y arriver”, j'allais chercher en moi des forces pour surmonter cette croyance. Bien souvent, je me lançais intérieurement des défis. C'était la fierté qui me permettait de réussir. Je réussissais par fierté, par orgueil, pour me prouver que j'étais capable, pour être fière de moi, fière d'avoir réussi.
Aujourd'hui je la remercie la fierté car elle m'a donné l'énergie, l'envie de réussir ma vie.

Au-dessus de la fierté, il y a le courage.

“Je vais y arriver !

J'ai le courage et la volonté de dépasser mes peurs, mes angoisses, mes croyances limitantes et négatives !

J'ai le courage et la volonté de regarder en face les souffrances qui ont marqué mon enfance et ma vie et de m'en libérer !

J'ai confiance en mes capacités.”

Et avec l'énergie de la confiance, une autre phrase me vient naturellement : “Cela va bien se passer. It's gonna be all right !”

Et la Lumière revient. Avec elle, l'Espoir.
C'est la fin de ce long tunnel sombre et froid.

Depuis cet espace, je peux regarder la petite fille esseulée, insécure et apeurée que j'étais. Je la prends dans mes bras, je la réchauffe contre mon coeur et je lui dis avec amour :
“Tout va bien se passer. Ca va aller.
Tu vas y arriver.
Tu es capable.
Tu es aimée.”

Elle me sourit.
Elle le sait maintenant.

🕊️ Dans la Paix, la Joie et l'Amour de nos cœurs 💕

NOBOOK

Les mots en bleus dans le texte sont des liens vers d'autres pages. Cliquez dessus !

Télécharger en PDF

Article précédent Article suivant

Autres articles en lien :

Salut à toi,

Toi qui as un emploi du temps existentiel de ministre.
Toi qui remets toujours à la fin de ta check-list les besoins de ton Être Spirituel.
Toi qui, pourtant, exprimes, de temps à autre, surtout quand cela va mal, avoir envie d'autre chose, d'y aller, de faire ce Chemin Spirituel,...

👉 Lire la suite

Certains d’entre nous vivent actuellement de profonds “nettoyages” intérieurs.

Des souvenirs douloureux, des mémoires sombres d’expériences choquantes voire traumatisantes refoulées remontent à la surface de notre conscience. Des chocs, des pertes, des peurs, des agressions subies remontent jusqu’...

👉 Lire la suite

“Il n'y a que Oui dans la Conscience pure (le Soi), c'est l'égo qui dit non. Dès que la Conscience dit non, elle se crispe, se rétrécit, elle devient moi..”
Jean-Yves Leloup, Métanoïa.

Ces sept dernières années de solitude, de quête intérieure et d'introspection, de “voyages et nettoyages intér...

👉 Lire la suite

Pendant toutes mes années de solitude, “j'ai arraché ma liberté” comme bien d'autres femmes, pensais-je. Au sens où je me sentais enfin libre car je n'avais plus “besoin” d'un homme dans ma vie pour être heureuse.

J'avais appris à vivre seule et en paix avec moi-même, appris à être autonome matéri...

👉 Lire la suite

“Attraversiamo !” nous dit Elizabeth Gilbert dans “Eat, Pray, Love” (Mange, Prie, Aime)

Nous sommes encore nombreux à être éprouvés. Moi-même j’ai été récemment poussée à bout, jusqu’à mes limites, jusqu’à la limite du supportable. Au sens où j’étais tellement éprouvée que je me suis demandé si j’...

👉 Lire la suite

“En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu” (Jean 3.3)

J'observe dans mon entourage et j'entends les professionnels de la santé psychique et de l'accompagnement social me dire ne jamais avoir vu autant de personnes qui vont mal, qui sont...

👉 Lire la suite

As-tu déjà expérimenté ce moment, cet état de vulnérabilité dans lequel tu acceptes tout ce que la vie t’amène ?
Quand tu ouvres grand tes bras et que tu embrasses tout.
Que tu n’opposes plus de force, tu n’imposes plus ta volonté, tu ne résistes plus.
Tu accueilles…
Les bras et le coeur ouverts...

👉 Lire la suite

Voir plus d'articles...